Copropriété et DPE collectif obligatoire 2026
DPE & rénovation

DPE collectif obligatoire 2026 : ce qui change pour les copropriétaires

À partir du 1er janvier 2026, le DPE collectif devient obligatoire pour les copropriétés dont le permis de construire a été délivré avant 2013. Découvrez les implications pour les syndicats et les propriétaires.

Adrian Boudes
~13 min de lecture
Partager :
TwitterLinkedIn

DPE collectif obligatoire 2026 : ce que tout copropriétaire doit savoir

Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle obligation réglementaire s'impose à des millions de copropriétaires français : la réalisation d'un diagnostic de performance énergétique collectif (DPE collectif). Cette mesure, issue de la loi Climat & Résilience de 2021 et progressivement mise en œuvre, marque un tournant dans la manière dont les copropriétés appréhendent leur transition énergétique.

Contrairement au DPE individuel — qui évalue la performance d'un logement particulier — le DPE collectif porte sur l'immeuble dans son ensemble : parties communes, système de chauffage collectif, isolation de la façade et de la toiture, etc. Son enjeu est de donner une vision globale du bâtiment et d'identifier les travaux prioritaires à l'échelle de la copropriété.


Qui est concerné par l'obligation de DPE collectif ?

Le calendrier d'entrée en vigueur

L'obligation de réaliser un DPE collectif s'applique progressivement selon la taille de la copropriété et la date du permis de construire :

  • Copropriétés de plus de 200 lots (permis avant 2013) : obligation depuis le 1er janvier 2024,
  • Copropriétés de 50 à 200 lots (permis avant 2013) : obligation depuis le 1er janvier 2025,
  • Copropriétés de moins de 50 lots (permis avant 2013) : obligation depuis le 1er janvier 2026.

Au total, ce sont plusieurs centaines de milliers de copropriétés françaises qui sont désormais soumises à cette obligation.

Les copropriétés exemptées

Sont exemptées de DPE collectif :

  • les immeubles dont le permis de construire a été délivré après le 1er janvier 2013 (soumis aux réglementations thermiques RT 2012 et suivantes),
  • les copropriétés qui disposent déjà d'un audit énergétique réalisé depuis moins de 5 ans,
  • certaines situations particulières prévues par les textes réglementaires (bâtiments classés, monuments historiques, etc.).
Comment savoir si votre copropriété est concernée ? Consultez le syndic de copropriété ou les archives de permis de construire. La date du permis de construire figure dans le règlement de copropriété et peut être retrouvée auprès de la mairie ou du service d'urbanisme compétent.

Ce que contient le DPE collectif

Le DPE collectif est réalisé par un diagnostiqueur certifié (même certification que pour le DPE individuel, mais avec une formation spécifique aux immeubles collectifs). Il comprend plusieurs volets :

1. L'évaluation des performances énergétiques globales

Le diagnostiqueur évalue la consommation d'énergie primaire de l'immeuble en prenant en compte :

  • l'enveloppe du bâtiment (isolation des murs, toiture, planchers bas, ponts thermiques),
  • les menuiseries et vitrages (simple, double ou triple vitrage),
  • le système de chauffage collectif et la production d'eau chaude,
  • la ventilation (naturelle, mécanique, simple ou double flux),
  • l'éclairage des parties communes.

2. La classe énergétique de l'immeuble

À l'issue du diagnostic, l'immeuble reçoit une étiquette énergétique de A à G, identique à celle des DPE individuels. Cette étiquette est désormais obligatoirement communiquée lors de toute vente ou mise en location d'un lot dans la copropriété.

3. Les préconisations de travaux

Le DPE collectif inclut un plan de travaux recommandés, hiérarchisés selon leur efficacité et leur retour sur investissement. Ces préconisations servent de base pour le plan pluriannuel de travaux (PPT), lui-même obligatoire depuis 2023 pour les copropriétés de plus de 200 lots.

35 à 50 %
Part des copropriétés françaises construites avant 1975 dont le DPE collectif pourrait révéler une classe énergétique F ou G, selon les estimations du ministère de la Transition écologique.

Les conséquences pratiques pour les copropriétaires

Lors d'une vente

Depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif doit être annexé au dossier de diagnostic technique (DDT) remis à l'acquéreur lors de toute promesse ou acte de vente. Un acheteur qui n'aurait pas reçu ce document dispose d'un recours contre le vendeur.

Pour un investisseur immobilier, cela signifie :

  • une visibilité accrue sur les travaux futurs à financer via les charges de copropriété,
  • la possibilité de négocier le prix si le DPE collectif révèle un immeuble très dégradé,
  • un risque de décote importante pour les biens dans des copropriétés classées F ou G collectivement.

Lors d'une mise en location

La classe énergétique collective n'interdit pas directement la location d'un appartement particulier dont le DPE individuel est bon. Cependant, un immeuble classé G collectivement est souvent composé de logements individuels eux aussi mal classés, ce qui peut déclencher l'interdiction de location au niveau du lot.

Pour le syndicat de copropriété

Le syndicat a l'obligation de :

  • faire réaliser le DPE collectif dans les délais impartis,
  • présenter les résultats en assemblée générale,
  • voter le plan pluriannuel de travaux (PPT) sur la base des préconisations,
  • provisionner les fonds nécessaires via le fonds de travaux obligatoire.

Un syndicat qui ne respecte pas ces obligations s'expose à des sanctions et peut voir la responsabilité de ses membres engagée.


Impact sur la valeur des biens et la stratégie d'investissement

Les copropriétés « bien classées » : un avantage concurrentiel

Dans les prochaines années, les copropriétés affichant un bon DPE collectif (A, B ou C) deviendront un argument de vente différenciant. Les acheteurs sensibles aux charges énergétiques et aux risques réglementaires préféreront ces immeubles, ce qui devrait soutenir les prix.

Les copropriétés mal classées : un risque patrimonial

À l'inverse, les copropriétés classées E, F ou G collectivement devront faire face à :

  • des charges de copropriété en hausse (financement des travaux de rénovation),
  • un risque de décote lors des reventes,
  • des difficultés à louer si les DPE individuels des lots suivent la tendance collective.

Pour un investisseur, acheter un lot dans une telle copropriété sans anticiper le coût des travaux collectifs peut représenter un piège financier majeur.

Conseil pratique : avant tout achat en copropriété, demandez systématiquement le DPE collectif, le plan pluriannuel de travaux et l'état du fonds de travaux. Ces trois documents vous donnent une image fidèle des charges à venir et du risque patrimonial réel.

Comment utiliser les données IndiceVille pour anticiper

Les données DPE agrégées par commune disponibles sur IndiceVille vous permettent d'évaluer la qualité moyenne du parc immobilier d'une ville. Un taux de passoires thermiques élevé dans une commune indique souvent un parc ancien avec un fort pourcentage de copropriétés susceptibles d'être mal classées collectivement.

En croisant :

  • le pourcentage de logements F et G par commune,
  • les données de prix au m² (pour évaluer le potentiel de valorisation post-travaux),
  • les revenus médians (pour juger de la capacité des copropriétaires à financer les travaux),

vous obtenez une vision stratégique des zones où le risque DPE collectif est le plus fort.


FAQ — DPE collectif 2026

Qui paie le DPE collectif ?

Le coût du DPE collectif est pris en charge par la copropriété et réparti entre les copropriétaires selon les tantièmes. Le prix varie selon la taille de l'immeuble et le diagnostiqueur, généralement entre 1 500 € et 5 000 € pour une copropriété de taille moyenne.

Le DPE collectif a-t-il valeur juridique ?

Oui. Le DPE collectif a une valeur juridique opposable depuis la réforme de juillet 2021 : les informations qu'il contient peuvent être invoquées en cas de litige, notamment lors d'une vente ou si les préconisations de travaux s'avèrent incorrectes.

Quelle est la durée de validité du DPE collectif ?

Le DPE collectif est valable 10 ans, sauf si des travaux significatifs sont réalisés entre-temps (isolation, changement de système de chauffage, etc.), auquel cas il doit être refait.

Un bon DPE individuel suffit-il si le DPE collectif est mauvais ?

Non. Le DPE individuel d'un lot peut être bon (si des travaux ont été réalisés dans l'appartement), mais la classe collective de l'immeuble reste un signal d'alarme sur les charges futures et sur l'image commerciale de la copropriété. Un acheteur avisé tiendra compte des deux.

Articles liés